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MARGO à la journée de l’écoconception !

Développeurs éthiques


Le jeudi 05 mai, MARGO était présent à la journée de l’écoconception, chez Leboncoin, avec comme autres organisateurs lunaweb, beta.gouv.fr et designers éthiques. Le thème abordé fut l’écoconception des sites internets et application, à savoir comment développer un site internet avec pour objectif d’avoir la plus faible émission carbone possible. Afin de prendre la mesure de ce projet, il y a pléthore d’éléments à prendre en compte pour un développeur et un designer. Mais en une phrase, l’écoconception numérique s’exprime à travers la sobriété des fonctions d’un site internet.

 

L’écoconception, c’est un changement de paradigme numérique qui tend à s’imposer comme une norme à l’ère du dérèglement climatique. Si ce changement est soutenu par l’arrivée de nouvelles lois, telles que la loi REEN en France (loi passée en 2021, qui contient une panoplie de mesure destinée à garantir le développement d’un numérique sobre, responsable et écologiquement vertueux), il nécessite surtout de la préparation, de l’information, et de la formation pour les concepteurs des sites internets. 

 

Prendre la mesure de la pollution numérique

Il s’agissait d’un malheureux hasard, mais symbolique : le 5 mai était le jour de dépassement des ressources sur terre. Or, le numérique y joue un rôle : bien qu’invisible, il laisse une marque indélébile. Ce dernier représente 4% d’émissions de gaz à effet de serre. S’il était un pays, le numérique serait un des principaux pollueurs mondiaux, derrières la Chine et les États-Unis. Une solution partielle à un problème global : la sobriété et frugalité numérique, permettant un usage et une maintenance bien moins énergivore.

 

L’écoconception :  une solution et alternative

Une définition tout d’abord : L’écoconception, c’est l’intégration de la réduction des impacts environnements dans la conception de services numérique. Ainsi, avec pour objectif de réduire la consommation énergétique liée au stockage et à la consultation d’un site, deux axes font alors surface :

  1. Réduire le poids des données transférées pour économiser la quantité d’énergie consommée
  2. Moins solliciter les performances des équipements pour les rendre plus durables 

L’équilibre pour le client et le développeur reste délicat à trouver : il faut penser à un compromis entre performance, expérience utilisateur et réduction de l’impact sur l’environnement.

 

Les avantages de l’écoconception sont nombreux et économiques !

Un des points les plus intéressants, notamment abordés par l’équipe de NIJI, ayant codé et designer le site de DALKIA, référence dans le secteur énergétique, est l’augmentation de l’accessibilité (pour les personnes malvoyantes et âgées notamment), permis par la frugalité numérique. “Lors du process, il faut faire comprendre au client qu’il ne s’agit pas d’ascétisme, mais de concision”. 

Au-delà de l’accessibilité, voici quelques autres points externalités positives à l’éco-conception des fonctionnalités d’un site internet :

  • Lutter contre l’usure et l’obsolescence technique des terminaux, limiter le renouvellement du parc d’appareils électroniques 
  • Simplifier l’expérience utilisateur grandement, avec chargement de pages instantanées par exemple
  • Réduire les coûts financiers d’entretien et d’hébergement du site
  • Consolider l’image de marque employeur, en donner du sens aux actions de l’entreprise
  • Devenir mieux référencé sur Google

 

Former et éduquer, les maîtres-mots du changement

Il faut être clair d’abord : faire de l’éco-conception demande du temps, de l’argent et de la patience. La sobriété a un coût : celle de la recherche de l’efficacité. 

Un point fut particulièrement souligné : en dépit de la volonté des clients, il n’existe pas de label “site éco-conçu”, et même si des indicateurs sont disponibles et souvent fièrement affichés sur les sites internets, ces indicateurs doivent être croisés entre eux et accompagnés d’un ACV (Analyse Cycle de Vie : démarche scientifique d’analyse du cycle de vie des fonctions d’un site), afin d’arriver à une estimation qui puisse être réellement fiable. 

Il est nécessaire de conduire un accompagnement qui s’articule en plusieurs étapes :

      0. Faire un auto-diagnostic (politique RSE de la boîte, volonté de changement)

  1. En parler
  2. Sensibiliser
  3. Agir
  4. Partager

Quelques exemples de démarches d’écoconception

Parmi tous les retours d’expérience, voici quelques points qui peuvent être retenu afin de mettre l’éco-conception au cœur du développement des fonctionnalités de site internet :

  • Minimiser les images pour des logos 
  • Réduire la taille des images si possible
  • Choisir une police simple et commune (type Arial)
  • Réduire la résolution des vidéos, utiliser des players type HTLM5 plutôt que YouTube ou des players qui lancent automatiquement les vidéos. 
  • Éviter le JavaScript et préférer des pages statiques.
  • Éviter le chevauchement et les synergies, ce qui favorise d’un même temps l’accessibilité. 
  • Utiliser un hébergeur “green”
  • Rafraichissement une fois par jour
  • Minimiser les push-ups sur l’interface utilisateur.  
  • Documenter la démarche, évaluer avec Green IT Analysis, afin de sensibiliser à l’écoconception.

 

Quelques conseils pour finir

Lors de la conclusion des conférences, 3 conseils sont principalement revenus de la part des développeurs et designers :

  1. Les enjeux écologiques sont transverses avec les enjeux sociaux et de sécurités, 
  2. Il y a de nombreux avantages à simplifier l’interface utilisateur, et à baser le modèle économique non pas sur le volume, mais sur la valeur et concision des outils numérique, qui polluent si leur quantité augmente de manière trop conséquente.
  3. Il existe des alliés dans chaque entreprise qui cherchent à impulser le Green IT et l’écoresponsabilité de l’entreprise et des communautés sont encore à créer (à l’instar de ficus par les développeurs de la SNCF).