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La Green tech au salon Viva Technology

Comprendre les enjeux de la Green Tech, un article de Garance Wybo


Margo en tant qu’acteur de la tech, a participé à la sixième édition de Viva Tech. Business manager et consultants y sont allés avec un regard différent, mais avec le même objectif : ouvrir le débat à des sujets sociétaux. 

Les thématiques majeures de cette édition sont le Métavers et la Green Tech. Ces sujets sont nés de problématiques contradictoires ; le premier découle des besoins d’évolution d’internet, et de la nécessité de créer une combinaison entre le physique et le virtuel. Le second répond à l’urgence climatique, en proposant d’investir dans des technologies plus respectueuses de l’environnement. À l’inverse, le Métavers se veut gourmand en énergie et augmentera les émissions de gaz à effet de serre engendrées par les équipements numériques et les data centers. 

Comment combiner les deux ? Le dernier Learning Lunch Margo nous a permis de comprendre les enjeux du Métavers, abordons celui de la Green Tech sous l’angle de Viva Tech.

 

 

Le concept de Green Tech résulte d’une prise de conscience collective. Le dérèglement climatique et la pollution sont le résultat d’une consommation excessive de ressources primaires, de métaux rares et d’énergie. Le concept naît dans la Silicone Valley dans les années 90 et répond aux enjeux environnementaux via le développement d’énergies renouvelables. Différents acteurs prennent part au développement des technologies de demain avec les objectifs communs de réduire l’empreinte écologique de l’Homme, et de combiner innovation technologique et environnement. Les grandes entreprises, les PME, les startups, prennent part à ces investissements pour répondre aux enjeux écologiques modernes, à savoir : la pénurie de ressources, le besoin de décarboner l’énergie et de rendre l’économie plus responsable.

Françoise Orand, responsable du programme Green IT de BNP Paribas, a animé une Masterclass sur l’impact des technologies sur le climat. L’augmentation de gaz à effet de serre est l’un des facteurs à l’origine du développement climatique. La fabrication et l’utilisation du numérique représente 3.5% de ces émissions et il croît de 6% par an. 

Le concept de « sac à dos écologique » permet de comprendre l’impact environnemental d’un objet numérique avant même qu’il soit utilisé. L’idée étant qu’un objet a consommé plus de ressources naturelles et d’énergie que son poids ne le laisse penser. Françoise Orand prend l’exemple d’un ordinateur de 2 kg qui aura mobilisé 200 kg d’énergies fossiles pour la fabrication, le transport, et la distribution, 600 kg de minéraux principalement pour l’extraction et le raffinage des métaux, ainsi que plusieurs milliers de litres d’eau douce. En protégeant, réparant ou recyclant cet ordinateur, son impact environnemental est réduit. En France, 50% des déchets électroniques sont collectés et recyclés, contre 17% à échelle mondiale.

 

Le secteur public s’allie au secteur privé pour répondre au besoin de changement de modèle écologique des entreprises. Le label French Tech Green20 collabore avec le ministère de la transition écologique pour accompagner et récompenser les startups répondant aux enjeux France 2030 (batteries, systèmes énergétiques, biocarburants, etc.). Les critères d’éligibilité sont d’être une société française, proposant un sujet innovant et ayant la capacité d’être déployé à grande échelle. Les entreprises possédant le label sont accompagnées dans leur développement et sur les enjeux réglementaires. Elles ont accès à la diplomatie économique et au réseau « correspondant French Tech », une communauté d’entreprises à fort potentiel. Elles sont également accompagnées sur le volet visibilité et communication. Bruno Lemaire, ministre de l’Économie, et Clara Chappaz, directrice de la French Tech, ont profité du salon Viva Tech pour récompenser 22 startups lauréates : 30% sont engagées dans les concepts de villes durables et bâtiments innovants, et 25% concernent la décarbonation de l’industrie.

 

Pour illustrer ce propos et rendre le concept de Green Tech plus concret, voici l’exemple de deux lauréats présents lors du salon. Dans le cadre de décarbonation industrielle, l’entreprise Kayrros, créée en 2016, propose une solution innovante pour scanner la terre avec des images radars et optiques grâce à plusieurs satellites. Les données collectées, une fois traitées et calibrées, permettent de développer des algorithmes et d’améliorer une intelligence artificielle capable de mesurer la consommation de matières premières, d’énergies et des GES sur des sites industriels. En détectant les principaux lieux polluants et en comprenant les raisons de cette pollution (fuites, processus de maintenances en difficulté), les acteurs concernés peuvent mettre en place des actions ciblées, et faire une économie monétaire et énergétique.

Dans un souci de mobilité, la startup toulousaine Beyond Aero développe un avion électrique à bas-carbone. Les avions électriques existants sont en capacité d’effectuer uniquement quelques centaines de kilomètres, la puissance des batteries lithium-ion étant limitée. Beyond Aero utilise la propulsion hydrogène pour permettre à son avion d’effectuer des distances de 1500 à 1850 km, l’équivalent d’un trajet Paris – Berlin. Une levée de fonds est prévue pour fin 2022, avis aux intéressés. 

 

La question de la soutenabilité du développement du Métavers se pose également. Pour certains scientifiques, le développement du Métavers est une catastrophe écologique. Ils considèrent ces plateformes comme étant en avance de phase par rapport à nos capacités industrielles. La tendance croissante à la consommation implique une augmentation de l’industrie minérale, mais les technologies que nous utilisons actuellement ne sont pas assez performantes pour répondre à nos besoins. L’exemple de la voiture électrique est parlant : cet objet a vocation à utiliser moins d’énergie dans sa phase d’utilisation, mais il demande une quantité importante de métaux précieux dans sa phase de fabrication. L’impact écologique est délocalisé : le concept de « minerai de conflit » met en avant les extractions minières responsables du financement de mouvements armés. La traçabilité de ces métaux est complexe et la demande est croissante. 

 

Selon le cabinet McKinsey, la Terre devrait compter 5 milliards d’utilisateurs sur le Métavers d’ici à 2030. Lors de sa conférence sur le « Métavers et l’investissement socialement responsable » (ISR), Pauline Llandric, gérante de fond chez AXA IM, nous a parlé du développement du premier fonds d’investissement qui permette d’investir dans des activités liées au Métavers. L’investissement dans ce type d’entreprise a vocation à rendre le Métavers plus performant. L’idée n’étant pas de cumuler, mais de remplacer les plateformes sociales existantes. Aussi, la démarche ISR s’inscrit dans une logique de réduction des déplacements lors de meetings professionnels ou de sorties privées. Nos habitudes de communication ont changé depuis la crise sanitaire, mais sommes-nous prêts à nous substituer au réel ?

 

 

Auteure : Garance Wybo, Business manager chez Margo


Les thématiques majeures de cette édition sont le Métaverse et la Green Tech. Ces sujets sont nés de problématiques contradictoires : (...)