MARGO

Actualité

Elles changent le monde : retour sur la JFD 2019

Découvrez notre compte-rendu de la 7ème édition de la Journée de la Femme Digitale

Par Mattéo Grolleau & Matéo Parent HR Managers
06/05/2019

Suite à notre participation à la Journée de la Femme Digitale 2019, nous vous proposons notre retour sur les conférences de l’après-midi sous forme d’un article – rédigé à quatre mains par Mattéo Grolleau et Matéo Parent, HR Managers chez Margo – et d’un sketchnote – réalisé par Marion Labetoulle, Marketing & Communication Manager chez Margo.

 

Elles sont cheffes d’entreprises, entrepreneures, chercheuses, vidéastes. Mais avant tout, comme le rappellent les grandes bannières encadrant la scène du studio 104, « elles changent le monde ».

C’est dans la célèbre salle de la maison de la radio que l’équipe RH de Margo a, le 17 avril dernier, assisté une fois de plus à la Journée de la Femme Digitale. Le pari (réussi) de cette neuvième édition consistait à mettre en avant les femmes qui entreprennent et innovent dans un milieu presque exclusivement masculin : celui de la tech.

Elles le rappellent chacune leur tour : aucun métier du digital ne nécessite de compétences genrées, et aucune des barrières excluant les femmes de la tech n’est légitime.

 

Parité dans la tech : quel chemin parcouru ?

 

Alors comment contribuer à mettre en lumière celles qui innovent dans le digital ?  Elles ont tour à tour identifié les mécanismes d’exclusion à leur manière, soulevant les problématiques propres au domaine où elles évoluent (nouvelles technologies, investissement, entrepreneuriat, grands groupes, YouTube…).

Delphine Bourbon, Director Digital Customer Experience chez Air France-KLM et Sophie Viger, Directrice Générale de l’école 42, nous rappellent ainsi que les femmes se sentent moins aptes à répondre aux exigences d’un poste que les hommes. En moyenne, une femme attendrait d’avoir 80 % des compétences demandées par une offre avant d’y postuler, contre 50% pour les hommes.

Selon Sophie Viger toujours, de nombreux stéréotypes agissent de manière insidieuse. Les femmes seraient naturellement moins matheuses, moins scientifiques, moins portées à aimer les ordinateurs et les jeux vidéos. Par conséquent, le milieu des nouvelles technologies leur apparaît non accueillant. Les répercussions semblent alors inévitables dans le monde professionnel. Et à cela s’ajoute une parole masculine perçue comme plus légitime. Ainsi, Sarah-Diane Eck, entrepreneure dans le domaine des cryptomonnaies, nous a raconté sa participation à un congrès annuel d’experts sur la blockchain : 3 femmes ont pris la parole contre 75 hommes. Quelle que soit l’origine de cette répartition inégale, les chiffres soulèvent ici le problème global : l’absence de parité.

Puisque les figures féminines du digital ont tendance à être moins représentées, leurs héritières potentielles ne sont pas encouragées à faire valoir leurs talents. Au-delà de quelques personnalités comme Sheryl Sandberg, Chief Operating Officer de Facebook, et Margaret Hamilton, Directrice Informatique pour l’historique mission Apollo, les femmes n’ont pas accès à la même médiatisation que leurs homologues masculins. Aude Gogny-Goubert relève à ce propos que les femmes ne représentent que 24% de l’espace médiatique en France. Et, sans figures d’identification emblématique, le secteur peine à recruter de nouveaux talents féminins. Un cercle vicieux qui n’est pas évident à briser…  

Il est donc essentiel que le rapport s’inverse : consacrer une journée à la Femme Digitale permet à des personnalités féminines inspirantes de donner l’exemple. C’est une première étape pour réintroduire un rapport sain entre les genres dans un domaine qui en a particulièrement besoin.

 

Illustrer par l’exemple pour combattre l’état de fait

 

Toutes les personnalités présentes à la Journée de la Femme Digitale ont parfaitement conscience de cet enjeu et oeuvrent au quotidien pour faire avancer les choses.

La vidéaste Aude Gogny-Goubert a par exemple réalisé Virago, une websérie de 26 épisodes sur les femmes marquantes de l’histoire, totalisant plusieurs centaines de milliers de vues. En se reconnaissant dans ces femmes qui ont réussi, il devient possible pour les autres de se dire : « moi aussi, je peux le faire ». Elle participe ainsi à combattre le sentiment de solitude des femmes dans le milieu de la création web. Elle rappelle en effet ce chiffre : 78% des chaînes Youtube à succès sont aujourd’hui lancées par des hommes.

Dans l’entreprenariat également, les inégalités subsistent, notamment dans l’accès aux financements. Pour Imène Maharzi, il est anormal de constater que plus de 90% des dossiers déposés auprès de fonds d’investissement le sont par des hommes. Elle a ainsi créé Own your Cash, une plateforme qui vise à accroître l’indépendance financière des femmes en sensibilisant à la fois Business Angels et entrepreneures à cette problématique.

Il est essentiel de promouvoir de telles initiatives pour qu’elles servent de modèle aux générations futures. Exposer, par exemple, la trajectoire tout à fait atypique de Amanda Ouedraogo, ancienne athlète olympique et maintenant consultante chez Capgemini. Ou encore signaler qu’en à peine 3 ans, la Directrice Générale de l’école 42 a fait passer le taux d’étudiantes de 7 à 26 %. Pour ce faire, elle a  fait de l’école un lieu plus sécurisé et accueillant pour les femmes, multiplié les actions de communication pour casser les stéréotypes de genre, levé la limite d’âge.

Ou, enfin, raconter le parcours du combattant de Shanty Baehrel, dont l’entreprise de biscuits personnalisés tourne à plein régime depuis bientôt 3 ans. Ce sont des histoires que tous, femmes comme hommes, ont besoin d’entendre pour comprendre que le genre devient trop souvent une barrière que l’on s’impose à soi-même.

Il est crucial de désamorcer ces clichés dès le plus jeune âge. “Magic Makers” propose par exemple des ateliers d’éducation au codage dès 7 ans, du CE1 à la troisième. En s’initiant ensemble aux rouages du digital, les enfants et adolescents peuvent laisser de côté les stéréotypes de leurs aînés. Pousser les filles vers ce domaine leur permet en effet de découvrir que l’informatique n’est pas réservée aux garçons, qu’elle soulève des défis intéressants, qu’elle peut être amusante. Et ainsi les garçons, initiés au numérique avec elles, sont davantage enclins à ne pas reproduire les mêmes structures genrées. Cela habitue finalement à une diversité que l’enfant, en grandissant, va trouver normale.

 

A nous de jouer !

 

En plus d’avoir prouvé, une fois de plus, qu’il existait beaucoup de femmes brillantes et inspirantes dans le secteur de la tech, cette journée nous a fait prendre conscience de la diversité des nouveaux chemins qu’ouvre la révolution numérique. Pouvoir réunir sous le thème du digital la Présidente d’ONU Femmes France, des Business Angels et des entrepreneures, une ancienne athlète de haut niveau, des vidéastes (la liste n’est pas exhaustive !) montre bien qu’il existe suffisamment d’opportunités dans le monde du digital pour que chacune et chacun puisse y trouver sa place.

 

Retrouvez notre sketchnote « La JFD 2019 nous inspire » : 

JFD 2019 sketchnote Margo


Par Mattéo Grolleau & Matéo Parent HR Managers
Diversité
JFD