MARGO

Actualité

ChangeNOW 2020: Retour sur l’Exposition Universelle des solutions pour la Planète.

Découvrez notre compte-rendu de la 3ème édition de ChangeNOW


17/02/2020

 

Du 30 janvier au 1er février 2020, ChangeNow a pris possession du Grand Palais pour le plus grand rassemblement mondial d’innovations pour la planète. C’est sous la verrière du monument parisien que 20 000 visiteurs ont pu découvrir plus de 1000 solutions et assister à de nombreuses conférences, débats, ateliers et présentations d’entreprises innovantes oeuvrant pour la protection de la planète. Margo était au rendez-vous et vous propose de découvrir son retour sur l’événement !

 

Croissance économique et protection de l’environnement : deux notions bel et bien compatibles

Avec un discours d’ouverture optimiste et invitant au passage à l’action, le pilote Bertrand Piccard donne le ton de cette édition 2020 de ChangeNow :  nous ne sommes pas là pour parler crise environnementale, nous sommes là pour parler solutions. Et pour cet aventurier dans l’âme, qui a notamment effectué le premier tour du monde à bord d’un avion solaire, nul besoin de stopper l’innovation ou de freiner la société de consommation. Bertrand Piccard défend l’idée d’une croissance responsable et entend démontrer l’intérêt économique que peut générer la protection de l’environnement. Selon lui, c’est d’ailleurs la seule façon d’embarquer les politiques et les industriels, qui sont en mesure de changer les choses à grande échelle. Pour les convaincre, il faut leur parler rentabilité et création d’emplois.

Car le marché est grand et les opportunités sont nombreuses. Son plan ? Remplacer l’ensemble des infrastructures polluantes, dont nous abusons depuis l’avènement du pétrole, par des solutions innovantes et respectueuses de l’environnement. Bertrand Piccard s’indigne d’ailleurs : “au XXIème siècle, nous utilisons toujours des technologies qui ont vu le jour dans les années 1880”. Pourtant, ces technologies modernes et propres ne font plus partie de la science-fiction, elles existent déjà. Après tout, Bertrand Piccard a lui-même fait le tour de la terre dans un avion qui ne consomme aucune énergie, à part celle, inépuisable, offerte par le soleil. 

Ce qui manque aujourd’hui à ces formidables innovations pour aller plus loin dans leur adoption, c’est de la visibilité et de la crédibilité. C’est pour cette raison que Bertrand Piccard a créé la World Alliance for Efficient Solution : un label remis par Solar Impulse Foundation aux entreprises, chercheurs et investisseurs à l’origine de solutions efficientes pour protéger l’environnement de façon rentable. L’initiative est bonne, mais ne suffira malheureusement pas à changer la donne à elle seule. Ce qu’il faut, c’est mettre à disposition de ces entrepreneurs d’un nouveau genre les moyens pour qu’ils puissent aller au bout de leurs ambitions.

changenow by margo

Quels moyens pour encourager et accélérer les entreprises à impact ?

Lors d’une courte mais impactante intervention, Eva Sadoun, co-présidente de Tech For Good France (anciennement FEST), pointe du doigt un problème aujourd’hui récurrent dans notre société : le succès est naturellement associé à l’argent. Pas très encourageant pour une entreprise qui certe a l’ambition d’être rentable, mais dont la priorité est sociétale ou environnementale avant d’être économique. Eva Sadoun invite ainsi à identifier et promouvoir de nouveaux KPIs de réussite, prenant en compte la notion d’impact. FEST a d’ailleurs réagi en janvier dernier à la parution, par le gouvernement français, des startups qui bénéficieront d’un accompagnement privilégié de l’Etat dans le cadre du Programme French Tech 120. Dans une tribune, le mouvement dénonce notamment les critères de sélection des lauréats, à savoir le montant des fonds levés et l’hyper croissance économique, et le manque d’actions concrètes déployées par l’Etat pour accélérer l’innovation à impact.

En attendant un investissement un peu plus conséquent des gouvernements, des initiatives privées ont vu le jour. Aussi, dans la multitudes de startup studios, incubateurs ou pépinières en tout genre qui se sont développés ces dernières années en France, certains sortent du lot en proposant un accompagnement spécifiquement adapté aux entreprises à impact. C’est le cas par exemple de MAZE, un accélérateur et fonds d’investissement portugais qui travaille exclusivement avec des startups “à impact”. Rita Casimiro, Head of Acceleration chez MAZE, explique : “Une entreprise à impact, c’est une entreprise qui va apporter un changement positif sur la planète ou la société.”. Là encore, elle insiste bien sur le fait que la notion de croissance économique va de paire avec celle d’impact : les deux  doivent être alignés et progresser à la même vitesse. A titre d’exemple, MAZE accompagne RNTERS, une marketplace dédiée à la location d’objets du quotidien, dont l’impact est à la fois humain – en permettant à des individus d’accéder à du matériel qu’ils n’auraient pas pu s’offrir à l’achat – et environnemental.

Les géants de la tech participent également à l’effort collectif et n’hésitent plus à mettre à disposition leurs technologies au profit d’organisations plus modestes qui oeuvrent pour l’intérêt général. C’est le cas notamment de Microsoft, avec son programme AI for Earth. En effet, à une époque où les défis mondiaux se multiplient, l’Intelligence Artificielle peut réellement changer la donne. La création en 2018 de ce fonds d’investissement encourage la création de projets d’IA en fournissant la technologie Cloud Microsoft et les outils d’intelligence artificielle à ceux qui œuvrent à la résolution des défis environnementaux. Car collecter des données sur le changement climatique est une tâche considérable pour les petites structures. Grâce à AI for Earth les organisations peuvent ainsi utiliser l’AI pour collecter, traiter et interpréter des données à une échelle et une vitesse qui leur était avant inaccessibles. Microsoft a ainsi investi 50 millions de dollars dans ce programme à destination d’entreprises comme Wild Me, qui recense les espèces animales en voie d’extinction et OceanMind, qui utilise les satellites et l’IA pour favoriser la pêche durable en identifiant le trafic maritime suspect. 

 

De nouvelles opportunités de création de valeur aussi pour les entreprises traditionnelles. 

La crise climatique étant un sujet de société qui nous concerne tous, les solutions et initiatives en faveur de la protection de l’environnement ne se limitent pas aux acteurs “for good”. Sans pour autant tomber dans le green washing, c’est aussi le rôle des marques et des distributeurs d’éduquer et sensibiliser leurs clients à une consommation plus responsable. 

Lors de son intervention sur la problématique de la gestion des déchets ménagers, Tom Szaky, CEO de TerraCycle, introduit notamment la notion, bien connue en  marketing, de valeur perçue. Ainsi, au travers de campagnes de recyclage, des marques comme Uniler ou Pampers travaillent effectivement leur image de marque, dans l’objectif de générer de la préférence vis à vis de leurs consommateurs. De même, aux Etats-Unis, l’enseigne Target organise des collectes de sièges auto usagés : ici, l’intérêt est de faire venir en magasin de nouveaux clients potentiels.

 Tom Szaky, CEO de TerraCycle

Au delà de campagnes de recyclage, TerraCycle encourage aujourd’hui les marques de la grande consommation à voir plus loin et à devenir de véritables acteurs de l’économie circulaire. L’organisation a d’ailleurs lancé le projet Loop en France en phase de test en partenariat avec Carrefour.  Loop est un site de e-commerce proposant des produits de grandes marques partenaires dans des contenants réutilisables consignés. Un fois le produit terminé, Loop s’occupe de collecter le contenant, de le nettoyer et de le recharger pour le remettre dans le circuit de consommation. L’entreprise a d’ailleurs choisi de mettre l’accent sur le design de ses packagings, afin de donner envie au consommateur d’en prendre soin (voire de les garder en détournant leur usage) et sur la praticité de sa solution. Une belle façon de faire évoluer les usages en incluant différents acteurs de la grande consommation, des marques aux enseignes de distribution.

 

L’investissement citoyen n’était pas en reste sur ChangeNow.

Enfin, rappelons-le, ChangeNow est un sommet ouvert à tous dont l’ambition est égale ment de toucher les individus, au delà des politiques et des organisations. L’exposition était d’ailleurs ouverte au grand public le samedi 01 février, permettant aux visiteurs d’assister à de nombreux ateliers et conférences et de visiter les stands des entreprises présentes pour promouvoir leurs produits et services : Back Market, Yuka, Ecosia, Cosy Air, Lablaco,… autant de solutions qui s’adressent directement aux citoyens. L’occasion pour nous de découvrir (entre autres) Litterati, une application venue directement de Californie, dont l’objectif est de créer une communauté de volontaires collectant de la data afin d’éradiquer les déchets et nettoyer la planète.

Comment ? Il suffit de prendre en photo le déchet puis l’application lui applique un géo-tag, une localisation et un horodatage. Les informations sont ensuite stockées dans une base de données permettant de cibler les zones du monde les plus touchées, identifier les entreprises responsables ainsi que les objets les plus fréquemment jetés. L’entreprise souhaite ainsi de se servir des nouvelles technologies, plus particulièrement de l’intelligences artificielle, afin de créer une plate-forme pour « inciter à l’action collective de la planète pour notre plus grand bien« . Litterati a d’ailleurs reçu une subvention de la National Science Foundation pour faire progresser son IA. Un bel exemple à suivre pour une planète plus propre!